Lycée Hôtelier de Dinard - Formations Cuisine, Hôtellerie, Barman, Sommellerie, CAP, BAC, BTS - La Révolution du Pinot noir est en marche

6 janvier 2016

La Révolution du Pinot noir est en marche

Célèbre pour ses grands vins blancs l’Alsace est en quête de reconnaissance pour ses rouges à base de pinot noir, qui ont de moins en moins à pâlir face aux grands pinots de Bourgogne.

« A rendement égal on peut faire aussi bon qu’en Bourgogne », lance Jean-Pierre Frick, en brandissant un pinot noir d’un rouge profond et tannique, tiré d’un foudre, gros tonneau de chêne centenaire, dans sa cave de Pfaffenheim, près de Colmar. « Notre climat est presque plus favorable que le leur, et on a aussi des sols magnifiques en Alsace », ajoute ce vigneron qui produit, sur les terroirs calcaires de Stangenberg et Rot Murlé, des rouges bio à faible rendements. La complexité des sols alsaciens est d’ailleurs très similaire à celle de la Bourgogne, les deux régions se situant dans une continuité géologique.

Dans le marché mondial, les vins alsaciens bénéficient aussi d’un atout de taille, hérité de la tradition allemande : celui de pouvoir faire figurer le nom du cépage sur l’étiquette, comme les vins du nouveau monde. Seul cépage rouge cultivé en Alsace, le pinot noir souffre pourtant actuellement d’un handicap commercial majeur : il ne peut pas être vendu sous l’appellation « grand cru », quand bien même il est cultivé sur une parcelle classée. La règle pourrait peut-être changer : avec une quinzaine d’autres domaines, la maison Muré va demander avant la fin de l’année à l’INAO le droit d’étiqueter « grand cru » des rouges de trois terroirs classés : Vorbourg, Hengst et Kirchberg de Barr. D’autres demandes sont en préparation.

Réputés dans toute l’Europe au Moyen-âge, les rouges d’Alsace reviennent de loin : de 2% du vignoble régional en 1969, les surfaces plantées en pinot noir ont été multipliées par huit depuis, pour représenter à peu près 10% du vignoble aujourd’hui. La qualité aussi a évolué et « de plus en plus de vignerons produisent des vins plus musclés, plus charpentés », en faisant macérer les raisins plus longtemps, ce qui colore aussi davantage, et en réduisant les rendements, relève Frédéric Bach. Le constat est partagé par Romain Iltis, meilleur sommelier de France 2012, qui laisse une large place aux rouges d’Alsace sur sa carte de la Villa Lalique, restaurant gastronomique du nord de l’Alsace. Selon lui, « on est passé aujourd’hui à une nouvelle étape », de plus en plus de vignerons s’engagent sur les voies ouvertes par quelques pionniers en Alsace.

Source : sommelier-formateur.fr

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A propos de l'auteur :
Rita Wacks – élève en Mention Complémentaire Sommellerie


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